Comment s'en vont les reines by Colette Yver

(7 User reviews)   2224
By Abil Kile Posted on Dec 30, 2025
In Category - Neval
Yver, Colette, 1874-1953 Yver, Colette, 1874-1953
French
Have you ever wondered what happens when the person you've always relied on suddenly needs you? That's the heart of Colette Yver's 1907 novel. It follows three sisters—Marguerite, Marie, and Jeanne—who've spent their lives revolving around their brother, the family's golden boy. But when he falls seriously ill, their quiet, predictable world shatters. The book asks a tough question: when the center of your family collapses, how do you rebuild your own life? It's a surprisingly modern story about duty, love, and finding your own path, wrapped in the manners of early 1900s France. If you like stories about family dynamics and quiet personal revolutions, this one will stick with you.
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lui aussi, comme un avertissement de cette chose mystérieuse. --Mon bon Sam, lui dit Madeleine, je vais te faire une petite prière; tu avais envie peut-être de me faire danser ce soir, dis? Oui! Eh bien, ne me le demande pas, veux-tu? --Pourquoi? fit en sursautant Wartz qui n’avait encore connu de sa jeune femme que les douceurs, mais non point les singularités. Et il eut l’idée qu’elle avait honte de lui si peu mondain. Elle lui répondit très bas une phrase qu’il ne comprit pas; la voiture avait recommencé sa course; le roulement sur le pavé sec d’une nuit d’hiver, le fracas des vitres secouées dans leur châssis les assourdissaient, et Wartz ressentait la cruauté de l’incertitude. Une minute plus tard, alors qu’en se penchant ils auraient pu déjà voir la façade illuminée de l’hôtel de ville où se donnait la fête, elle força la voix pour couvrir le bruit qui les enveloppait. --Je te demande de ne pas danser avec moi, et voilà tout. Il me semble que je t’ai laissé suffisamment lire en moi pour soupçonner que je m’impose là une privation. Tu as bien mille soucis, mille combinaisons politiques que tu ne peux me confier. Les femmes ont aussi leur politique, une politique secrète de leur cœur... Il la regardait avec stupeur, prenant conscience tout à coup d’imprécises violences qui dormaient en lui. Il entendait garder du cœur de sa femme la possession absolue, sans restriction de politique sentimentale ou de secrets. Mais il se tut, comprenant qu’à cette minute le moindre de ses mots eût été en disproportion avec cette petite âme douce. On ne lance pas de pierres sur un oiseau. D’ailleurs, ils étaient arrivés. Leur voiture s’arrêtait devant l’hôtel de ville. Madeleine ouvrit elle-même, sauta la première à terre, et sans se retourner vers son mari, l’allure gaie, serrant autour de sa taille menue sa grosse fourrure gris argent, elle s’en alla vers la lumière que la galerie des grandes baies cintrées, tout le long du péristyle, découpait en festons gigantesques. Sous le feu blanc des lustres, des laquais chamarrés vinrent à eux pour le service du vestiaire. Des odeurs de fleurs, des parfums de femmes, l’air chaud, le finale d’une valse là-haut, à l’orchestre--cet en-haut où l’on voyait régner une lumière plus insoutenable, où piétinaient les cohues de danseurs, où était la Reine, et vers quoi s’éployait le double escalier de dalles blanches aux rampes en fer forgé--tout cela était trop voluptueux, trop grand, trop grisant. Madeleine se rapprocha de Wartz, tourna vers lui ses épaules et fit tomber la fourrure dans ses bras. --Madeleine... murmura-t-il. Mais elle avait déjà dans la tête, jusque dans les nerfs de ses petits pieds, la valse jouée là-haut, à pleine vitesse, par les violons. --Dis-moi si ma robe fait bien!... demanda-t-elle. Et vers le grand escalier où montaient d’autres couples, elle se mit à marcher devant lui, frêle, cambrée, la tête un peu en arrière et comme entraînée par le poids des lourds cheveux. Sa robe était d’une étoffe blanche où scintillaient des fils d’or. La traîne ondulait dans la marche. --Cela va très bien. En disant cela, Wartz pensait aux autres hommes qui la feraient danser ce soir. En bas, c’était la vulgaire atmosphère parfumée et chauffée des bals qui les avait saisis, mais à mesure qu’ils gravissaient ce fameux escalier de l’hôtel de ville, si ample, si démesuré que pas un palais ducal n’en possède un semblable, la pensée de la Reine se mit à les prendre. Elle était ici, la reine Béatrix, la dame en noir dont le courtois républicain qu’était Wartz...

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First published in 1907, Comment s'en vont les reines (which translates to How the Queens Depart) is a sharp, observant look at family and societal change.

The Story

The novel follows the Destrées sisters: responsible Marguerite, gentle Marie, and spirited young Jeanne. Their lives are comfortably arranged around their brother, Paul, the family's pride and future. He's the sun in their solar system. When Paul becomes gravely ill, this fixed order breaks down. The crisis forces each sister to confront the limits of their devotion and the shape of their own dreams. The story watches as they navigate duty, potential suitors, and the startling idea of a life built for themselves, not just for their brother.

Why You Should Read It

Yver writes with a clear, insightful eye. She doesn't judge her characters but shows us their conflicts with honesty. What fascinated me is how current it feels. The pressure to put family first, the struggle for independence, the quiet yearning for something more—these aren't locked in the past. Marguerite's heavy sense of responsibility and Jeanne's rebellious spark will feel familiar to anyone who's ever questioned their role in their own family.

Final Verdict

This is a perfect pick for readers who enjoy character-driven stories about real-life dilemmas. If you liked the family tensions in Little Women or the social observation in Jane Austen's novels, but want a French, early-20th-century setting, you'll find a lot to love here. It's a quiet, thoughtful book that proves some struggles about family and self are truly timeless.



📢 Copyright Status

This title is part of the public domain archive. You do not need permission to reproduce this work.

Michelle Martin
1 year ago

Wow.

Liam Harris
5 months ago

A bit long but worth it.

Emily Thompson
1 year ago

This is one of those stories where the flow of the text seems very fluid. This story will stay with me.

Brian Ramirez
1 year ago

Fast paced, good book.

John Torres
4 months ago

Surprisingly enough, the depth of research presented here is truly commendable. Absolutely essential reading.

4
4 out of 5 (7 User reviews )

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